FOOTBALL – LIGUE 1 A L’ÉCOUTE DE L’ASNL

Cette saison, l’ASNL se met à la cryothérapie avec un cryobain (eau à 8 degrés !) installé en Forêt de Haye.
But de l’opération : favoriser la récupération des joueurs. Explications avec le docteur Frédéric Muel.

Nancy. Coup de froid en Forêt de Haye ! En plein été (même si ça ne se voit pas tous les jours…), il n’est pas ici question des premiers signes de l’hiver mais il y a une température de huit degrés qui fait beaucoup causer les joueurs de l’ASNL : ce n’est heureusement pas celle de l’air extérieur, c’est la température de l’eau du cryo-bain qui vient d’être installé dans le vestiaire.

Avec cet outil, voilà donc le club au chardon qui se met à la mode de la cryothérapie. Une méthode de récupération par le froid que l’on retrouve dans beaucoup d’autres sports, individuels ou collectifs. Plusieurs clubs de foot français, aussi, ont déjà investi dans les cryo-bains. Auxerre l’avait fait il y a trois saisons sous l’impulsion de… Jean Fernandez toujours attentif à tout ce qui peut professionnaliser davantage le quotidien de son effectif.

Le coût de cette drôle de baignoire allongée reste raisonnable à l’échelle d’un club de foot pro, son prix tourne en effet autour de 8.000 euros, bien loin des 120.000 euros dépensés par l’INSEP pour s’équiper d’une véritable chambre froide utilisée par la boxeuse Anne-Sophie Mathis avant son dernier championnat du monde.

Pour profiter du cryo-bain, il n’y a rien de plus simple : il faut se mettre dedans, l’eau froide jusqu’au torse. La durée préconisée pour chaque passage est de huit minutes, à faire dans l’heure qui a suivi l’entraînement « quand la température du corps est encore très élevée », explique le médecin du club, Frédéric Muel. Ce dernier était au départ prudent sur les bienfaits de la cryothérapie avant d’être convaincu par toutes les études qui ont été réalisées depuis : « On nous propose des équipements soi-disant miracles tous les jours ou presque alors, il faut être méfiant mais l’efficacité de la cryothérapie a été prouvée par différentes études scientifiques. Ça permet d’améliorer la récupération et c’est une solution préventive par rapport aux blessures musculaires parce qu’un muscle fatigué risque toujours plus de lâcher ».

Les joueurs l’ont visiblement bien compris. La nouvelle baignoire est très prisée après les séances. Yohan Mollo, par exemple, est un grand fan de cryothérapie après l’avoir testée dans d’autres clubs où il a évolué. Massadio Haïdara connaissait aussi ce genre de matériel après ses passages à Clairefontaine avec les équipes de France de jeunes.

TRÈS PEU DE BLESSURES  LA SAISON DERNIÈRE

Pour le staff médical, c’est en tout cas une manière d’améliorer toujours plus la structure mise en place il y a un an. Une organisation qui a donné d’excellents résultats puisque l’ASNL, la saison dernière, a peut-être été le club de L1 le moins frappé par les blessures. Depuis l’arrivée de Jean Fernandez au poste d’entraîneur, il y a notamment deux kinés à plein-temps (Philippe Saffroy et Pierre Vespignani), présents au bord du terrain lors de chaque séance pour être attentifs aux moindres bobos. « On travaille vraiment en équipe », souligne Frédéric Muel, « Entre nous, il y a beaucoup de communication et de concertation. Le coach ne nous demande jamais de forcer avec un joueur qui a une petite alerte, ça évite bien des problèmes sur la durée. Regardez ce qui s’est passé lors de la finale de l’Euro 2012. L’Italie a utilisé deux joueurs qui étaient ‘’presque’’ en état mais ‘’presque’’ ça ne suffit pas au top niveau, c’est pourquoi Chiellini et Thiago Motta ont fini par sortir sur blessure ».

Du côté de l’ASNL, on se rend compte que le terrain synthétique de Picot n’engendre finalement pas beaucoup plus de pépins physiques qu’une pelouse naturelle. Pour Frédéric Muel, le seul véritable inconvénient médical sur synthétique concerne « les entorses de cheville souvent plus graves que sur herbe à cause des appuis ». Les joueurs, eux, estiment qu’ils ont davantage de mal à se remettre d’un match sur synthétique. Mais leur récupération, maintenant, sera justement accélérée avec le nouveau cryo-bain de la Forêt de Haye.

Romain JACQUOT
Article publié sur estrepublicain.fr